Lovely Bones, de Peter Jackson

•9 février 2010 • Laisser un commentaire

Maintes fois cités par les critiques américains dans les pires films de l’année 2009, Lovely Bones sort enfin sur nos écrans. L’occasion de constater par nous-mêmes l’étendu du pseudo-désastre.

S’il est un film attendu au tournant, c’est bien celui de Peter Jackson, auteur de l’immense remake de King Kong et de la trilogie célébrée du Seigneur des Anneaux. Alors forcément, lorsque celui s’attaque à un sommet de la littérature lacrymale populaire La Nostalgie de l’Ange, on sort les flingues.

Le décor : une banlieue américaine dans les années 70 ou bien, durant une bonne partie du film, l’entre-deux-mondes où est coincée Alice, entourée de paysages kitsch tendance new age, qui changent au gré des situations. C’est gonflé, pas tout le temps beau et la musique en rebutera plus d’un.

Mais, l’important est ailleurs. Regardez plutôt comment Peter Jackson mène son film. Les séquences d’action sont totalement maîtrisées, la distribution est impeccable et il arrive à déclencher l’émotion comme on applique une bonne vieille formule mathématique. C’est qu’il a du métier le bonhomme.

Saoirse Ronan est excellente. Stanley Tucci mériterait presque un Oscar (mais Christoph Waltz et Woody Harrelson ont malheureusement pour lui travaillé cette année). Susan Sarandon assure. Mark Wahlberg est largué (mais qu’il est drôle de le revoir en père de famille après Phénomènes). Rachel Weisz, elle, fait des choix de plus en plus intéressants (après être apparue dans une franchise Momifiée puis enterrée).

Alors, on ferme les yeux sur ces petits minets qu’on croirait tout droit sortis de Twilight, sur ces couleurs qui font mal aux yeux et on donne à Lovely Bones la chance qu’il mérite car c’est un film charmant que Peter Jackson vient de nous pondre. Un film se rapprochant de l’excellent Créatures Célestes, réalisé en 1994. Personnellement, je remballe mon Colt.

Extrait de Lovely Bones

Le Making-of de Lovely Bones

I Love You Jim Carrey

•3 février 2010 • Laisser un commentaire

I Love You Phillip Morris souffre du même syndrome que Yes Man. Film drôle, très drôle parfois. Et puis, une semaine après l’avoir vu, pas un souvenir. Nada. C’est pourtant l’un des critères les plus sûrs pour me faire un avis sur un film. Et pour Phillip Morris, ce sentiment est arrivé dès le générique de fin. On aurait espéré mieux de la part du duo à l’origine du puant (et c’est un compliment) Bad Santa.

On assiste donc à l’éternel Jim Carrey Show. Tant mieux dans un sens, car il excelle dans son genre. Le film, en revanche, n’a rien pour lui, si ce n’est la star déjantée, qui garde la tête haute et va de l’avant pendant près de deux heures. Car Jim est un grand. Et comme tout grand, il crée l’illusion, même dans un film moyen.

Il en faut aussi des films moyens remarquez, et ce ne sont pas les plus ennuyeux à regarder. Jim Carrey continue d’écrire sa légende, se forge une filmographie solide malgré tout. Et Yes Man ou I Love You… continueront de régaler les fans de l’acteur, même s’ils finissent dans le ventre mou de sa filmographie.

Pas besoin de s’étendre plus sur le film. On rit dans la première partie, puis on déchante dans la seconde. Les effets dramatiques sonnent faux pour un film aussi caricatural. Et la fresque initiée paraît bien ambitieuse (et interminable) à côté de son sujet.

On préfèrera donc se revoir Man on the moon ou Eternal Sunshine pour laver l’affront (ou un Farrelly pour rester dans la même veine).

City Island : Bienvenue dans la famille Rizzo !

•2 février 2010 • Laisser un commentaire

La famille Rizzo habite à New York une petite île de pécheurs du Bronx appelée City Island. Vince, le chef de famille (Andy Garcia), tente de maintenir un semblant de cohésion familiale. Pas facile quand chaque membre n’ose pas être lui-même.

En premier lieu, Vince est agent pénitentiaire mais rêve de devenir acteur. Ce fan de Marlon Brando prétend jouer au poker alors qu’il prend des cours de théâtre. Molly, la fille aînée, donne dans le strip-tease au lieu d’être à la fac et Vinnie, le petit dernier, cache une passion un peu loufoque. Bref, chaque membre de la famille a un secret qu’il ne veut pas révéler aux autres. Tous ces non-dits vont entraîner incompréhensions, quiproquos et situations comiques.

City Island sent bon New York et du Woody Allen en plus léger et moins torturé. Raymond de Felitta a su reprendre les thèmes classiques du genre pour en faire une chronique familiale drôle et attachante.

On y retrouve Andy Garcia, Julianna Margulies (Urgences, The Good Wife), Alan Arkin (Little Miss Sunshine), Ezra Miller (Afterschool) et Steven Strait pour les filles (10 000).

Dommage que cette comédie indépendante ait été un peu éclipsée par d’autres films (In The Air par exemple). Alors si City Island joue encore près de chez vous allez-y !

In The Air avec George Clooney

•25 janvier 2010 • 7 commentaires

Après Juno et Thank you For Smoking, Jason Reitman fait un retour attendu avec In The Air (Up In The Air en anglais) inspiré d’un roman de Walter Kirn.

Ryan Bingham (Georges Clooney) est un professionnel du licenciement. A la demande de sociétés, il se rend dans les entreprises pour mettre à la porte en douceur des salariés. Licencier les gens peut selon lui leurs donner l’opportunité de se tourner vers de nouveaux projets, se recentrer sur leurs objectifs. La quarantaine, c’est un célibataire endurci mais heureux, qui s’épanouit dans une vie bien réglée. Des voyages à travers tous les Etats-Unis 300 jours/an, pas de domicile fixe mais des hôtels, des aéroports, des cartes de privilèges, et des relations sans lendemain. Son seul rêve est d’atteindre les 10 millions de miles.

« What’s in your backpack » demande t-il lors de ses conférences. Sa philosophie est simple pour pouvoir avancer dans la vie, il faut alléger ce sac c’est à dire le vider de ses objets encombrants, de ses amis et de ses relations.

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Le retour réussi de Disney avec ‘La Princesse et la Grenouille’

•21 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Disney fait son grand retour avec La Princesse et la Grenouille (de John Musker et Ron Clements) inspiré par un roman d’E.D. Baker, bien que des aménagements aient été réalisés.

L’histoire se passe à la Nouvelle-Orléans dans les années 20. Tiana, une jeune afro-américaine ne compte pas ses heures de travail comme serveuse pour réaliser son rêve et celui de son défunt père : ouvrir un restaurant. Un prince venu d’Inde, Naveen, arrive à la Nouvelle-Orléans. Mais le magicien vaudou Dr Facilier lui jette un sort et  transforme le prince en grenouille. Le baiser d’une princesse est censé lui redonné sa forme humaine. Il pense en avoir trouvé une en la personne de Tiana. Erreur ! Après un baiser échangé, Tiana se transforme elle aussi en grenouille. Ils partent alors tous deux dans les marais pour retrouver leur apparence.

Au départ, n’étant pas une inconditionnelle de Disney (ça arrive !) je n’attendais pas particulièrement ce nouveau dessin animé. Je m’intéressais plutôt aux questions posées par ce projet. Disney avait en effet pour la première fois une héroïne noire !

J’avais entendu dire que les choses bougeaient chez Disney depuis l’arrivée de John Lasseter (en provenance de Pixar) comme responsable créatif. Ce dessin animé devait lancé le retour de la  2D, celle de notre enfance.

Bien calée dans mon fauteuil, je m’attendais à tout. Le résultat est finalement au-delà de mes espérances. Pas de préjugés ou de maladresses impardonnables.

Les personnages sont drôles et profonds. La réussite de ce dessin-animé est d’avoir bousculé le conte traditionnel tout en s’imposant comme un classique.  Il y a  bien un charmant prince mais il est paresseux et sans fortune. Deux figures féminines, Charlotte et Tiana, sont également proposées. Tiana est une héroïne atypique et touchante, une femme moderne qui croit à la réussite par le travail et ne rêve pas au prince charmant, à la différence de son amie Charlotte.

Un autre force des studios Disney est d’avoir travaillé chaque personnage, les principaux comme les secondaires, et même les figurants ! Il y a toute une armée de personnages à la personnalité attachante comme Charlotte, Ray ou Mama Odie. Le film est aussi ponctué de clins d’œil : il y a Ray la luciole en hommage à Ray Charles, Louis l’alligator musicien de jazz (en référence à Louis Armstrong).

Et n’oublions pas la musique de ce Disney. Randy Newman nous offre une plongée dans l’ambiance de la Nouvelle-Orléans avec des chansons jazzy entraînantes comme « Dig a little deeper », « Almost there » ou « Friends on the other side ».

Voilà un Disney qui m’a donné envie de me replonger dans les dessins-animés de mon enfance.

Vous l’aurez compris La Princesse et la Grenouille est à ne pas louper et plaira aux petits comme aux plus grands. A voir évidemment en V.O. (la version française n’est pas vraiment au niveau !).

Preview : ‘It Might Get Loud’ de Davis Guggenheim

•19 janvier 2010 • 2 commentaires

Trois guitar heroes. Trois approches distinctes.

Mon premier est capable de fabriquer une guitare électrique à l’aide d’un simple bout de bois et d’une bouteille de Coca-Cola (?!). Il semble avoir fait un bond dans le temps, conduit une vieille américaine et porte un costume trois-pièces. Il prône un son pur, au grain inimitable, obtenu sur une guitare de sa fabrication ou sur un vieux piano de saloon. Et il n’hésite pas à se bidouiller un micro qui crache raccordé à son instrument pour ajouter du cachet au son. Il s’agit de Jack White.

Mon second est un crate digger. Il collectionne les disques vinyles par milliers. C’est l’aîné. Il a connu le bon vieux rockabilly de papa et peut disséquer une chanson durant des heures. C’est un esthète qui a tourné le dos à ses années de gloire pour continuer à faire avancer sa musique, plus planante que jamais. Voici Jimmy Page.

Mon dernier est un vrai geek. Pas le moins jeune du trio mais à fond dans la nouvelle technologie. Habitué à jouer dans les stades blindés, il peut rester en admiration devant une pédale à effet et s’en amuser jusqu’à plus soif. Son truc, c’est la qualité du son, la moindre variation l’interpelle et il est prêt à tester des dizaines d’effets pour magnifier ses solos. C’est The Edge.

Mon tout est le passionnant rockumentaire It Might Get Loud. Centré sur l’instrument, il retrace la carrière de trois guitaristes marquants. Tour à tour, ils déclarent leurs flammes. Variations sur un même thème et final sur un bœuf marquant.

En 2 mots : Un docu qui vaut le détour, peu importe ses préférences musicales.

Preview : ‘Une Education’ de Lone Scherfig

•7 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Très remarqué à Sundance l’an passé, Une Education constitue une rupture dans la carrière de Lone Scherfig, cinéaste danoise s’étant essayé au Dogme 95. Elle tourne ici pour la première fois avec un casting de renommée internationale. Et on peut dire que cela lui réussit puisque Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina ou encore Emma Thompson sont tour à tour épatants. Et j’en oublie… (Une pensée solidaire à Olivia Williams trop souvent mal employée à mon goût)

Dans le swinging London des années 60, la jeune Jenny (Mulligan, excellente et à surveiller de très près dans les prochains films de Mark Romanek et Oliver Stone) préfère écouter Juliette Gréco plutôt qu’étudier le Latin -on la comprend- et ne va pas tarder à tomber sous le charme d’un trentenaire (Sarsgaard toujours aussi bon) menant la grande vie.

Autant le dire tout de suite, An Education (en VO) n’est pas LA réussite sur laquelle tout le monde semble s’accorder outre-Atlantique mais cela n’en reste pas moins un film charmant et enjoué. Filmé avec talent dans une belle reconstitution des sixties, le spectateur pars en virée avec Jenny, tombe sous le charme de David, lui aussi, avant de déchanter.

Durant 1h30, on visite les boîtes de Jazz, on danse sur du Mel Tormé en nightclub. On parie sur des lévriers en tenue de soirée et retrouve un Paris fantasmé. Le tout, emballé par la jolie photo de John de Borman (à ne pas confondre avec John Boorman, l’auteur de l’unique Zardoz) qui s’était chargé d’éclairer Last Chance for Love ou Miss Pettigrew. La relation décomplexée fille-parents fait légèrement penser à celle de Juno, ce qui n’est par pour nous déplaire et ajoute au côté comique du film. On souhaite à Une Education le même succès…

Enfin, un mot sur le respecté Nick Hornby (Haute Fidélité) qui signe ici le scénario et démontre une fois de plus tout son talent.

En 2 mots : Un bien joli film qui deviendra sans aucun doute un classique pour beaucoup. A voir.

Top 10 : les meilleurs films de l’année 2009

•3 janvier 2010 • 4 commentaires

2009 vient de se terminer. On vous propose donc notre top 10 des meilleurs films de l’année. Une seule règle : les films en compétition doivent être sortis dans les salles françaises entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009.

Contrairement à ce que laisse penser ces photos, 2009 ne fut pas vraiment l’année de la dépression mais plutôt une année riche en films forts. Et il a fallu attendre le génial Tetro pour pouvoir livrer nos deux classements. Les voici…


LE TOP 10 DE STEPHON :                                            LE TOP 10 DE MADO :


1. Synecdoche New York                                           1. Mary & Max

2. Les Noces Rebelles                                                2. Away we go

3. Funny People                                                        3. Un Prophète

4. Un Prophète                                                         4. Tetro

5. Mary & Max                                                           5. Boy A

6. Inglourious Basterds                                                6. Coraline

7. Frost/Nixon                                                           7. Amerrika

8. Tetro                                                                    8. Fish Tank

9. The Box                                                                9. Là-haut

10. Sita chante le blues                                              10. The Wrestler

Jan Kounen : l’intégrale des courts

•30 décembre 2009 • Laisser un commentaire

Quelle bonne surprise ! Tous les courts-métrages de Jan Kounen sont visibles sur le web. Sachant que Coco Chanel & Igor Stravinsky sort aujourd’hui sur nos écrans, il n’en fallait pas plus pour nous convaincre de revoir les débuts du cinéaste.

Caméra subjective, effets clipesques. Le style direct et chiadé de Kounen convient parfaitement au court-métrage. Dans les différentes participations en présence on retrouve Dominique Bettenfeld (Dobermann), à plusieurs reprises, mais aussi… Marc Caro (dans Vibroboy et Le dernier chaperon rouge). Tout sauf surprenant lorsqu’on connaît le talent de Kounen pour mettre une histoire en image…

Et puis, c’est surtout l’occasion de voir que le réalisateur avait effectivement des cheveux à une époque. Et oui, c’est bien lui le jeune homme en fauteuil roulant dans Gisèle Kerozène !

Gisèle Kérozène (1989)

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Preview : ‘Mother’ de Bong Joon-Ho

•29 décembre 2009 • Un commentaire

Il suffit d’une minute à Bong Joon-Ho pour envoûter le spectateur. Dans un superbe plan-séquence d’ouverture, son actrice Kim Hye-Ja danse dans les champs, au bord de la folie. Il n’en fallait pas plus pour cerner son personnage un poil névrosé. La suite, ne sera que pur plaisir.

Avec Mother (Madeo en V.O.), le cinéaste revient à une histoire proche de Memories of Murder, le film qui l’a révélé en France. Une enquête policière dans sa forme la plus dépouillée. Do-Joon, un fils à maman un peu simplet se retrouve accusé du meurtre d’une lycéenne. Sa mère, persuadée de l’innocence de son fiston, va alors mener l’enquête.

La forme, c’est justement le fort du Coréen, qui soigne chaque plan au millimètre, et impose au film sa patte inimitable : des personnages hauts en couleurs observés à bonne distance pour pouvoir rire de la situation tout en s’impliquant dans l’histoire.

Pour ce qui est du fond, Bong Joon-Ho ne se contente pas de nous livrer un objet uniquement esthétique car son dernier né vous tiendra en haleine durant 2 heures. Et lorsqu’on croit que c’est fini, c’est reparti de plus belle, avec une fin appliquée et captivante.

Dans le dernier plan du film (tout aussi sublime que le premier) cette mère « qu’on voit danser » pour la seconde fois nous permet de souffler deux secondes avant que la lumière ne se rallume. Cette sensation étrange d’avoir lutter corps et âme pour prouver l’innocence de ce garçon, est bien la preuve qu’on sort d’un grand film. Ce n’est pas la première fois que le Coréen nous fait le coup. Ni la dernière, comptez sur lui !