Preview : ‘Une Education’ de Lone Scherfig

•7 janvier 2010 • Laisser un commentaire

Très remarqué à Sundance l’an passé, Une Education constitue une rupture dans la carrière de Lone Scherfig, cinéaste danoise s’étant essayé au Dogme 95. Elle tourne ici pour la première fois avec un casting de renommée internationale. Et on peut dire que cela lui réussit puisque Carey Mulligan, Peter Sarsgaard, Alfred Molina ou encore Emma Thompson sont tour à tour épatants. Et j’en oublie… (Une pensée solidaire à Olivia Williams trop souvent mal employée à mon goût)

Dans le swinging London des années 60, la jeune Jenny (Mulligan, excellente et à surveiller de très près dans les prochains films de Mark Romanek et Oliver Stone) préfère écouter Juliette Gréco plutôt qu’étudier le Latin -on la comprend- et ne va pas tarder à tomber sous le charme d’un trentenaire (Sarsgaard toujours aussi bon) menant la grande vie.

Autant le dire tout de suite, An Education (en VO) n’est pas LA réussite sur laquelle tout le monde semble s’accorder outre-Atlantique mais cela n’en reste pas moins un film charmant et enjoué. Filmé avec talent dans une belle reconstitution des sixties, le spectateur pars en virée avec Jenny, tombe sous le charme de David, lui aussi, avant de déchanter.

Durant 1h30, on visite les boîtes de Jazz, on danse sur du Mel Tormé en nightclub. On parie sur des lévriers en tenue de soirée et retrouve un Paris fantasmé. Le tout, emballé par la jolie photo de John de Borman (à ne pas confondre avec John Boorman, l’auteur de l’unique Zardoz) qui s’était chargé d’éclairer Last Chance for Love ou Miss Pettigrew. La relation décomplexée fille-parents fait légèrement penser à celle de Juno, ce qui n’est par pour nous déplaire et ajoute au côté comique du film. On souhaite à Une Education le même succès…

Enfin, un mot sur le respecté Nick Hornby (Haute Fidélité) qui signe ici le scénario et démontre une fois de plus tout son talent.

En 2 mots : Un bien joli film qui deviendra sans aucun doute un classique pour beaucoup. A voir.

Preview : ‘Agora’ d’Alejandro Amenabar

•7 décembre 2009 • 2 commentaires

Agora, c’est le passage d’Alejandro Amenabar à la super-production, au péplum XXL façon Cecil B. De Mille. Et si l’Espagnol avait exercé ses talents outre-atlantique, chez Les Autres, il dispose ici de 50 millions de dollars (co-production Espagne-Malte) pour un projet très ambitieux : filmer la vie d’Hypathie d’Alexandrie, une philosophe et astronome du IVe siècle qui fascine autant son esclave, Davus, que son disciple, Orestes. Autant dire que sa marge de manoeuvre était plutôt limitée.

Le réalisateur réussit tout de même à faire d’Agora une fable singulière en plaçant sa caméra juste au-dessus de la célèbre cité, superbement reconstruite pour l’occasion. Régulièrement, à la manière d’un scientifique derrière son microscope, le cinéaste prend du recul sur les évènements pour mieux observer les acteurs de l’Histoire. C’est là le véritable leimotiv d’Amenabar, qui nous le rabâche de façon plus ou moins grossière (lors de beaux plans aériens ou lors d’un maladroit gros plan sur des fourmis qui s’affairent).

La violence et le réalisme de certaines scènes (voir cette scène digne d’Inglourious Basterds dans laquelle les pierres fusent comme des balles sur des chrétiens pris au piège) donnent un réel intérêt au film. Autre point de vue qui mérite qu’on s’y attarde par les temps qui courent, la charge d’Amenabar contre le christianisme qui rappelle que celui-ci ne s’est pas propagé par l’opération du Saint-Esprit mais bel et bien par le biais de massacres en tous genres.

Toutes ces qualités ne font malheureusement pas d’Agora un aussi bon film que Mar Adentro (son dernier film en date, récompensé par l’Oscar du meilleur film étranger en 2005) car il sombre vite dans un classicisme ennuyeux servi par une brochette d’acteurs corrects (Weisz, Minghella Jr. et Isaac ont leurs moments mais n’impressionnent pas). La musique dramatique (qui n’est pas signée Amenabar pour une fois) se fait également trop présente et les répliques sonnent parfois faux.

Notre attention s'attardera surtout sur la performance habitée d'Ashraf Barhom (Paradise Now, Le Royaume et bientôt Lebanon, Lion d'Or à Venise), en chrétien extrémiste, qui fascine dès qu'il apparaît à l'écran et sur une jolie scène de fin qui flirte avec le ridicule avant de nous confirmer qu'on a eu raison de rester jusqu'à la fin.

En 2 mots : un film agréable à voir mais vite oublié.

Top 10 : les meilleurs films de l’année 2009

•3 janvier 2010 • 4 commentaires

2009 vient de se terminer. On vous propose donc notre top 10 des meilleurs films de l’année. Une seule règle : les films en compétition doivent être sortis dans les salles françaises entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009.

Contrairement à ce que laisse penser ces photos, 2009 ne fut pas vraiment l’année de la dépression mais plutôt une année riche en films forts. Et il a fallu attendre le génial Tetro pour pouvoir livrer nos deux classements. Les voici…


LE TOP 10 DE STEPHON :                                            LE TOP 10 DE MADO :


1. Synecdoche New York                                           1. Mary & Max

2. Les Noces Rebelles                                                2. Away we go

3. Funny People                                                        3. Un Prophète

4. Un Prophète                                                         4. Tetro

5. Mary & Max                                                           5. Boy A

6. Inglourious Basterds                                             6. Coraline

7. Frost/Nixon                                                          7. Amerrika

8. Tetro                                                                    8. Fish Tank

9. The Box                                                                9. Là-haut

10. Sita chante le blues                                           10. The Wrestler

Jan Kounen : l’intégrale des courts

•30 décembre 2009 • Laisser un commentaire

Quelle bonne surprise ! Tous les courts-métrages de Jan Kounen sont visibles sur le web. Sachant que Coco Chanel & Igor Stravinsky sort aujourd’hui sur nos écrans, il n’en fallait pas plus pour nous convaincre de revoir les débuts du cinéaste.

Caméra subjective, effets clipesques. Le style direct et chiadé de Kounen convient parfaitement au court-métrage. Dans les différentes participations en présence on retrouve Dominique Bettenfeld (Dobermann), à plusieurs reprises, mais aussi… Marc Caro (dans Vibroboy et Le dernier chaperon rouge). Tout sauf surprenant lorsqu’on connaît le talent de Kounen pour mettre une histoire en image…

Et puis, c’est surtout l’occasion de voir que le réalisateur avait effectivement des cheveux à une époque. Et oui, c’est bien lui le jeune homme en fauteuil roulant dans Gisèle Kerozène !

Gisèle Kérozène (1989)

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Preview : ‘Mother’ de Bong Joon-Ho

•29 décembre 2009 • Laisser un commentaire

Il suffit d’une minute à Bong Joon-Ho pour envoûter le spectateur. Dans un superbe plan-séquence d’ouverture, son actrice Kim Hye-Ja danse dans les champs, au bord de la folie. Il n’en fallait pas plus pour cerner son personnage un poil névrosé. La suite, ne sera que pur plaisir.

Avec Mother (Madeo en V.O.), le cinéaste revient à une histoire proche de Memories of Murder, le film qui l’a révélé en France. Une enquête policière dans sa forme la plus dépouillée. Do-Joon, un fils à maman un peu simplet se retrouve accusé du meurtre d’une lycéenne. Sa mère, persuadée de l’innocence de son fiston, va alors mener l’enquête.

La forme, c’est justement le fort du Coréen, qui soigne chaque plan au millimètre, et impose au film sa patte inimitable : des personnages hauts en couleurs observés à bonne distance pour pouvoir rire de la situation tout en s’impliquant dans l’histoire.

Pour ce qui est du fond, Bong Joon-Ho ne se contente pas de nous livrer un objet uniquement esthétique car son dernier né vous tiendra en haleine durant 2 heures. Et lorsqu’on croit que c’est fini, c’est reparti de plus belle, avec une fin appliquée et captivante.

Dans le dernier plan du film (tout aussi sublime que le premier) cette mère “qu’on voit danser” pour la seconde fois nous permet de souffler deux secondes avant que la lumière ne se rallume. Cette sensation étrange d’avoir lutter corps et âme pour prouver l’innocence de ce garçon, est bien la preuve qu’on sort d’un grand film. Ce n’est pas la première fois que le Coréen nous fait le coup. Ni la dernière, comptez sur lui !

Dias Sin Luz : un court-métrage de Jaume Balaguero (Rec)

•28 décembre 2009 • Laisser un commentaire

Alors que Rec est de retour sur les écrans pour un deuxième épisode. Penchons-nous un peu plus sur le travail de Jaume Balaguero, l’un des deux réalisateurs du film-choc de 2008.

Réalisé en 1995, ce court de 8 minutes mêle sépia nostalgique et noirceur fantastique. Fana du cinéma d’horreur ibérique des années 70, Balaguero se forge un vrai style avec l’histoire de ce petit garçon. Celui-ci, orphelin, grandit dans un monde inquiétant et se voit adopté par une mère-SM. Mais il est tout à fait “normal d’avoir peur, lorsqu’on est enfant”

Dias Sin Luz de Jaume Balaguero (1995)

Le Soliste : un musicien perdu dans les rues de L.A.

•22 décembre 2009 • Un commentaire

Joe Wright (Orgueil et Préjugés, Reviens-moi) revient avec Le Soliste, un drame tiré d’une histoire vraie. Nathaniel, un musicien prometteur, mentalement instable et SDF, rencontre Steve Lopez, un journaliste du Los Angeles Times en quête d’une histoire atypique.

Le film raconte la rencontre de ces deux solitaires qui vont découvrir l’amitié. Avec Nathaniel, Steve va s’ouvrir à un monde qu’il ne connaissait pas et être confronté à la souffrance, les troubles mentaux et l’extrême pauvreté. Il va essayer de comprendre comment un musicien aussi talentueux a basculé dans un si grand dénuement et tenter de lui trouver une porte de sortie.

L’objectif du film est atteint, on est ému mais on reste un peu sur sa faim. On passe un bon moment mais Le Soliste reste un film simple qui ne creuse pas énormément la psychologie de ses personnages et joue sur la corde sensible de ses spectateurs.

Sortie demain dans les salles, à vous de juger.

Xenogenesis : Quand James Cameron n’avait pas de pétrole…

•21 décembre 2009 • Laisser un commentaire

… Il avait des idées ! Son premier film, le court-métrage Xenogenesis, en témoigne. Avec un budget très restreint, James Cameron pose les bases de son cinéma et de son dernier film Avatar, tout juste sorti sur nos écrans.

L’histoire d’amour est bien là, les robots aussi (parfois pilotés par l’Homme). On sent déjà poindre une certaine maîtrise dans les scènes d’action, même si ici, les robots se déplacent à la vitesse d’un Jake Sully sur son fauteuil. Finalement, il a fallu attendre que Cameron ait les moyens de ses ambitions pour pouvoir pleinement s’exprimer.

Xenogenesis (1978)

Jim Jarmusch, son et image

•15 décembre 2009 • Un commentaire

Comment ça ? On ne vous a pas encore parlé de Jim Jarmusch ? Son dernier film vient pourtant d’arriver sur nos écrans et a plutôt été froidement accuelli. Mais sachez qu’ici vous êtes chez des pro-Jim, alors pour fêter la sortie de The Limits of Control, rien de tel que de revoir quelques clips réalisés par Jarmusch himself. Pour aller encore plus loin dans sa relation avec la musique, on vous propose aussi une petite playlist Spotify où vous pourrez retrouver quelques refrains entendus dans son élégante filmo…

The Raconteurs, Steady as she goes (2006)

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Les 10 films les plus attendus en 2010

•8 décembre 2009 • 3 commentaires

 

En cette fin d’année 2009 et avant même de faire le bilan, ShowtimeFolks a décidé de vous parler des 10 films qu’on attend le plus en 2010. Drame, rire, violence, légèreté ou émotion. Tous les genres sont réunis pour un classement totalement subjectif !  

Pour l’histoire, nous avions parcouru le top 5 des bandes-annonces de Rom_J qui nous a donné envie d’aller plus loin. Aussi, nous aurions aimé avoir les avis des autres blogueurs. Les accros à l’actu, j’ai nommé Buzzmygeek, Lyricis et Cloneweb. Mais aussi, Mister 3ZE pour les films d’animation, ou encore l’oeil avisé d’Une dernière séance et Ciné-Chiner.

Parce que mine de rien, on en apprend beaucoup sur les goûts cinéphiliques des uns des autres en sachant ce qui les fait baver. Tous les oubliés sont également conviés à prendre part à cette discussion ! 

 

  • Precious de Lee Daniels

Un film que Showtime Folks a eu la chance de voir lors du Festival de Deauville en septembre dernier. 

Adaptation du roman “Push” de Sapphire. Ce film très touchant raconte la vie difficile d’une adolescente de 16 ans obèse et battue. Ceux qui sont trop sensibles doivent se munir d’un paquet de mouchoirs. Le film est sombre, dur mais la personnalité très attachante et lumineuse de Precious donne le courage de le regarder jusqu’à la fin. -M 

Fin de l’attente : 3 mars 2010   

   

  • Moon de Duncan Jones

Vu en février dernier à Berlin. J’ai immédiatement eu envie de le revoir pour démêler les fils du scénario. L’histoire est celle de Sam Bell, resté seul sur la Lune durant 3 ans et dont le contrat touche à sa fin… Ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus, si ce n’est que le film crée une atmosphère unique bien aidé par la sublime bande-son de Clint Mansell. Le jeu de Sam Rockwell est toujours impec’. C’était mon film préféré cette année, il sortira finalement en 2010 dans nos contrées - S

La scène du film : Sam essaye de joindre sa femme sur Terre et tombe sur sa fille. Bouleversant…

Le dialogue qui tue : “Who is he ?” lancé à son ordinateur de bord, Gerty. C’est ici que les embrouilles commencent…

Fin de l’attente : avril 2010

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  • Defendor de Peter Stebbings

Pourquoi aller voir ce film ? Déjà parce qu’il y a Woody Harrelson. Ensuite parce qu’il s’agit d’une comédie déjantée dans laquelle Woody joue le  rôle d’un homme avec quelques problèmes psychologiques qui se prend pour un super-héros, appelé Defendor. Vêtu d’un costume noir avec D sur le torse (fait avec de l’adhésif), ce super-héros est un peu livré à lui-même et n’a pas vraiment les moyens de ses ambitions. Ici pas d’armes à la pointe de la technologie, mais un lance-pierres et du jus de citron pour arrêter les méchants . Un bémol peut-être, espérons que le film ne multiplie pas les blagues grossières. -M  

Fin de l’attente : Bonne question !   

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